Yelapa…for ever and ever.

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Visto este año en Yelapa:

  • 2 Sijs que todavía se preguntan por qué estuvieron en Yelapa ya que tienen lo mismo en su tierra.
  • 5 mujeres disfrazadas de rangers tipo Daktari.
  • Una familia de Hindúes que probablemente padecerán de artrosis cervical en su vejez.
  • 2 mujeres “protegidas” con lentes Gucci que miraban fijamente el mar (estaban esperando la llegada del Profeta…de hecho si hoy van a Yelapa las pueden encontrar…puede tardar un buen la espera…)
  • 2 grupos de Estadunidenses de 150 kg en short de nylon acompañados de sus guías del Vallarta Adventure (el Vallarta Adventure es una de esas ultimas farsas turísticas cuya función consiste en pastorear a obesos de un punto A a un punto B. El espacio entre los dos puntos está lleno de actividades que harán decir al gringo, una vez de regreso a Kentucky, : “Dad, conozco bastante bien la cultura mexicana, estuve en inmersión total en la jungla con los autóctonos. Fíjate que los Mexicanos son bastante inofensivos, no se comen a sus mascotas y tampoco a sus suegras- aunque esto podría ser útil sobre todo cuando la ‘ñora’  acaba siendo católica fundamentalista- y yo creo que el voto por Trump ha sido un poco exagerado…”
  • 2 domadores de iguanas (especie amenazada en México… no estoy hablando del domador sino de la iguana).
  • 1 pareja de Judíos neoyorkinos sin Torá, ni DVDs de Woody Allen en la mano.
  • Los mismos hippies de 70 años de siempre a quien nadie se atrevió decirles que Woodstock se había acabado desde hace varias décadas.
  • Un montón, pero un montón de tatuajes en cuerpos flácidos, elásticos, gordos, flacos, jóvenes o viejos (el gringo puede llevar en la parte superior de su espalda “In God We Trust” y más abajo… su declaración fiscal…)
  • Un clonaje de Janis Joplin quien nos invitó en su favela (nos repitió varias veces que era artista y nos explicó que la gente de Guadalajara era culta y muy inteligente porque son descendientes de Vascos : el conjunto en menos de 5 minutos. US, you rock !)
  • Una mexicana que le dio de palos a su pitbull porque se quería botanear a un French poodle.
  • 3 guacamayas verdes y dos azules.
  • Un combate de gallos sueltos en el patio de una casa (los gallos suelen pelear por güeyes… un poco como el ser humano de sexo masculino…puede ser hormonal).
  • Unos niños hermosos con mucho sol en la mirada…
  • Doña Augustina con sus pies legendarios.
  • Los chuchos de siempre llenos de pulgas pero simpáticos.

 

 

  • Y nosotros en una palapa escondida en la jungla, muy arriba pero muy arriba de toda esta humanidad colorida y ruidosa y…lo pasamos muy bien. Me lo pasé bien por dos razones particulares: las guacamayas no hablaban inglés y porque Yelapa seguirá siendo siempre un paraíso tropical, con o sin shorts de nylon.
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…sans pudeur

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Je ne voulais pas m’exprimer sur les attentats tant le fleuve charriant son lot  de conneries et de choses justes est puissant ces derniers temps…

Je ne voulais pas jusqu’à avant-hier. Avant-hier, c’était mardi. Jour du marché, des mamies qui bloquent le passage avec leur cadi rouillé, des couleurs et des odeurs, du Mexique populaire et généreux que j’aime, des chauffeurs de taxi qui ont un avis sur tout,  des conversations décalées, souvent emmerdantes parfois touchantes.

Mais avant-hier ce fut différent. Les dix minutes de taxi pour aller au marché me semblèrent une éternité…

-« Vous êtes d’où ? »

-« Je suis française »

-« Vous avez vu ce qui s’est passé dans votre pays ? »

-« Oui, c’est une tragédie… »

-« C’est tragique mais excusez-moi Madame… ils l’ont bien cherché…depuis le temps que les pays occidentaux envahissent les pays arabes pour les voler…je comprends qu’ils en aient marre… ». (première salve)

-« Vous savez…c’est plus compliqué que ça…mais je crois que rien ne justifie le terrorisme… »

-« …mouai, en tous cas, je pense qu’on devrait avoir les mêmes ici pour éviter d’être exploités par les pays riches, on devrait apprendre à nous défendre, au Mexique… » (deuxième et dernière salve avant l’acte meurtrier)

-«Mais Monsieur,  vous avez les mêmes ici! Vous avez les mêmes avec d’autres déguisements, un autre étendard et une autre cause perdue…vous avez ceux qui ont tué 43 normaliens de 20 ans en toute impunité,  vous avez ceux qui font disparaître des jeunes filles depuis des années, vous avez aussi ceux qui tuent les journalistes, ceux qui éliminent toute cette société civile encombrante, qu’elle porte des tissus indiens  ou un chapeau de paysan… vous avez ceux qui tuent de nuit avec la complicité de la police, ceux qui tuent de jour avec celle des trafiquants de drogues et ceux qui tuent de jour et de nuit avec la complicité de l’État. Ça canarde pas mal chez vous ! »

Je lui ai claqué le beignet virtuellement comme je claque le beignet à tous ceux qui pondent des discours haineux et complexés sur la surmédiatisation des attentats, sur l’hommage exagéré rendu à la France, sur les « autres pays pauvres qui ont aussi morflé », sur les « je ne vois pas pourquoi pas on rend hommage aux morts de France alors qu’Ayotzinapan… »nianiania nianiania

Une cacophonie rancunière que l’on retrouve dans tous les médias sociaux. Un bavardage hargneux  qui demande à un pays d’avoir le « deuil pudique » parce qu’il appartient au G8.

Je rends hommage à des gens qui sont tombés trop tôt. Je rends hommage aux familles meurtries. Je rends hommage sans pudeur.

Un certain vendredi 13, la société civile française a mis un genou à terre, a baissé la tête et a tendu une rose aux âmes qui s’élevaient. Dans un silence plein et douloureux.

Respectons ce silence et laissons les discours culpabilisateurs aux créateurs des monstres d’hier et de demain et aux faiseurs de géopolitique grimaçante.

 

 

 

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Je suis Catherine

Je suis Catherine mais je pourrais être aussi Charlie. Je suis Catherine mais je pourrais être Fatima, jeune fille Yézidi de 14 ans dont la vie est détruite.

Je suis Catherine mais je pourrais être Fatiha, jeune Française qui cache ses amours clandestines à un frère un peu trop autoritaire.

Je suis Catherine, femme oscillant entre la quarantaine et la cinquantaine, mais je pourrais être un sale gosse de 78 ans qui dessine trop bien.

Je suis les uns et les autres mais je suis Catherine, celle qui proscratine depuis plusieurs jours en attendant que la douleur nichée dans le fond de la gorge s’estompe.

Je suis Charlie mais je peux être aussi Véronique, journaliste dans une radio publique, qui dénonce les débordements en tous genres depuis des années.

Je suis Catherine, mais je pourrais être Ahmed, jeune étudiant arabe grandi entre deux cultures qui se tolèrent sans vraiment se connaître.

Je suis Catherine mais je pourrais être Ourida, brillante jeune femme diplômée de philosophie rencontrée lors de mes études de journalisme.

Je suis Catherine mais je pourrais être Sophie, épouse d’un Kosovar émigré en France dans les années 90.

Je suis Catherine mais je pourrais être Kafoui , Ivoirienne faisant un doctorat au Québec parce que le délit de gueule y est moins évident et la dignité préservée.

Je suis Catherine, mais je pourrais être Miriam, jeune femme mexicaine partie travailler dans les camps de réfugiés de Tripoli.

Je suis Charlie depuis quelques jours mais je reste Catherine, celle qui se souvient de tous ces gens qui, un jour, ont traversé ma vie, puis une ville et une autre en faisant fi des amalgames.

Je n’ai jamais aimé les fous de Dieu, je préfère les fous de Bassan.

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Crédits photo: René Lortie

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Demande…

L’autre jour un de mes étudiants m’a demandé ce que je pensais d’Ayotzinapa. Que veux-tu que je te dise ?! lui ai-je répondu. Pose la question aux auteurs de ces actes…la plupart d’entre eux sont encore libres et courent comme des Garennes dans la campagne mexicaine.

Et puis demande aussi aux institutions publiques mexicaines pourquoi elles fonctionnent si mal depuis des lustres, demande aux universités publiques pourquoi elles ressemblent à des républiques bananières et aux universités privées pourquoi elles ont tout de Disneyland.

Demande aux fonctionnaires véreux ce qu’ils pensent de la corruption et demande au petit chef hargneux s’il y a déjà eu un Etat-nation au Mexique.

Demande à la société civile depuis combien de temps elle est dirigée par des singes en costard-cravate arrogants et incultes. Demande aussi à tes parents et à tes grands-parents pourquoi ils sont partis vers une terre de promesses dure et souvent hermétique à leurs valeurs.

Demande aux vieux qui mendient dans les rues pourquoi ils n’ont pas de retraite et demande aussi aux morts pourquoi ils n’ont pas pu se soigner dans les hôpitaux privés.

Demande aux gens qui partent et à ceux qui ne reviennent plus ce qui se passe, demande aux Indiens pourquoi on ne les a jamais vus et demande à tes aïeux s’ils buvaient du coca-cola ou des jus de fruit dans leur jeunesse.

Surtout n’oublie pas de demander à tes copains de classe pourquoi les 43 morts avaient la peau brune et venaient de milieux modestes.

Ce n’est pas à moi de te répondre ! Moi, je reste emmurée dans mon silence parce que le silence c’est propre, simple et commode.

En attendant, le Mexique termine l’année avec plusieurs corps dans les bras…

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Le faiseur de lagune

Cela faisait longtemps que Marino n’avait pas vu sa lagune. Le souvenir de son enfance, la pêche avec son père, les oiseaux migrateurs, l’étendue d’eau aux abords de la ville faisaient partie de la mémoire diffuse de sa jeunesse péruvienne. Une jeunesse dans un creux de vallée aride qui abritait en son sein un petit microcosme beau et fragile.

La lagune, sorte d’éternité minérale, était nichée-là dans le quotidien des gens.

Et puis un jour, le cœur de la lagune a cessé de battre. L’eau a cessé de vivre et a sombré dans l’oubli en ne laissant qu’un vague souvenir d’harmonie dans la mémoire collective.

La lagune est morte, les oiseaux ne sont plus revenus, les poissons ont cessé de vouloir vivre. La lagune de Marino, c’est l’histoire de notre relation aux organismes, celle du temps qui passe et de la négligence.

Marino Makinawa n’est pas un homme ordinaire puisque c’est un faiseur de rêves. Pendant que le cloaque naissait de l’enfer, le jeune homme est parti, loin, très loin, vers la terre de ses ancêtres pour y apprendre dans les universités nippones que la Nature n’est pas éternelle et qu’il faut la préserver.

Entre temps, la lagune, sa lagune était devenue une terre de désolation, le meilleur de Dante.

Nul ne sait si ce sont les souvenirs d’enfance ou l’ampleur du désastre qui a poussé cet homme à nettoyer ce microcosme mais le résultat est extraordinaire : les espèces sont revenues rendant un ultime hommage au magicien.

Il existe dans notre monde sophistiqué et compliqué des gens qui mettent des mots sur leurs rêves, des faiseurs de lagune qui apportent un peu de poésie à notre existence. Et c’est bien.

 

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crédits photo: Akio Sakai

 

 

 

 

 

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Couleurs mexicaines

La couleur a toujours été un moyen de résister pour les Indiens. Résister au temps, à l’oubli, au basculement dans la modernité. Résistance pourpre comme celle de la cochenille extraite des cactus Opuntia. Résistance bleue comme celle des cenotes[1] , des étoles indiennes et des céramiques. Résistance noire, comme celle de l’obsidienne, la pierre des sacrifices. Résistance rouge, ce jour cuivré de la terre qui se craquelle pendant la saison sèche et devient glaise durant les pluies. Cette même terre indienne qui se métamorphose en maison ou en four à pain. Résistance jaune, celle du cempasúchitl, « la fleur de la fête des morts par excellence, transmise pour les cérémonies aztèques et cultivée à l’époque dans les jardins flottants de Xochimilco. »[2]. Résistance marron, celle du mole, sauce au chocolat piquante. Résistance grise, celle des pyramides mayas du Yucatán. Résistance fuchsia celle de la pitaya[3] des marchés regorgeant de vie…

Je ne parlerai pas ici de la couleur de l’architecture coloniale mais de cette lumière particulière qui émane des couleurs indiennes. Des couleurs chaudes, vives, qui se portent sur l’épaule, rehausse le bois d’une table, célèbrent le regard du nourrisson. L’Indien entretient une relation intime avec ses couleurs comme s’il portait un ultime étendard.

Comme si la couleur était un dernier hommage à la mémoire.

Fleurs de cempasúchil

Fleurs de cempasúchil

[1] Trous d’eau dans la terre/péninsule du Yucatán

[2] « Poussières mexicaines ». Pino Cacucci

[3] Fruit d’un cactus/Figue de barbarie

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Les petites vies

Je suis né dans une famille de gens ordinaires qui ont passé une grande partie de leur vie à juger les autres. Après ils sont morts laissant derrière eux un silence suspect. Une sorte de trêve avant les conflits des générations suivantes.

Chez nous, c’est comme ça. L’impasse ne nous permet pas autre chose. On nait, vit et meurt, puis on renait, vit et meurt en nous imprégnant de la boue des autres.
L’impasse est une langue de terre fleurie perdue au milieu du non-sens de la ville. Trois cents mètres de ficus géants, de pelouse pelée, de citronniers poivrés, de pieds d’éléphant, de fougères arborescentes, de philodendrons, de palmiers nains, de papayers. Un fatras végétal où s’entremêlent de toutes petites vies. Des existences ordinaires nichées dans le creux des feuilles.

Il y a ma voisine la plus proche, Letty, sourire grimé, vie peuplée de solitude et de filles fertiles. Letty balance ses chiens dans l’impasse comme on jetait les eaux usées par les fenêtres du temps de la colonisation, au gré du désespoir et sans un regard pour le passant. Ses chiens sont petits et bruyants, un caniche nain pelé et deux chihuahuas qui terrorisent tout le monde, les alcoooliques désœuvrés de l’impasse, le paraplégique qui s’invente des mondes de lumière, la vieille bigote en chaise roulante, et Patita, la chatte tripode. Quand l’incident arrive et que la morsure devient inévitable, Letty s’excuse d’une voix mielleuse et vulgaire, en faisant semblant de houspiller ses chiens lilliputiens. Letty est un naufragé de plus dans l’impasse mais elle s’entend bien avec JotaJota, l’homme à tête de tortue qui élève des  boas dans un deux pièces humide. JotaJota est taciturne et sourit peu, il aime le mot couché sur la page, le ciné de Claude Chabrol, et les sons de sa guitare sèche. Rien ne l’émeut, ni les chiens hystériques, ni les engueulades alcoolisées de ses voisins. Responsable de la presse dans la bibliothèque d’une université, il s’occupe de classer l’inclassable dans un pays où l’information se métamorphose au gré du mensonge des politiques. Un métier tranquille qu’il effectue à l’ombre de ses collègues.
JoJota a un fils, Patricio, qui parle peu, ne remercie jamais et s’intéresse de plus en plus à l’anatomie siliconée de Jessica, la fille de Patty, danseuse dans un table danse.

Moi, je m’appelle Juan,  je vis depuis toujours dans ce microcosme1 rempli de poils, de sueur et d’humanité bruyante. J’aime les livres et la littérature de mon pays, je suis chauffeur de taxi le matin et ouvrier sur les chantiers de construction le weekend. Je n’ai jamais fait d’études et ne pense jamais en faire. Mon père est parti aux Etats-Unis sans donner de nouvelles, me laissant la responsabilité de mes frères et sœurs et de ma mère qui se lave les dents à la tequila et aime se promener en chemise de nuit chaque nuit de pleine lune. Ma mère, c’est ma louve à moi, celle qui hurle, crie et défend les siens corps et âme. Crocs sortis et gueule ouverte. Son monde a basculé dans celui de la meute le jour où l’attente de l’être aimé est devenue vaine.

Moi j’aime mon impasse pour ce qu’elle est. Un échafaudage branlant fait de petits miracles. Ceux de la vie dans la boue des autres. Une boue rouge.

1 Tous les personnages existent sauf la mère-louve…et encore !

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